Portrait – Lauren, étudiante et conseillère régionale (entre autres)

Elle s’appelle Lauren Lolo, elle a 21 ans et elle est étudiante en sciences politiques à l’Université Paris-Nanterre. En plus d’être une étudiante pleine de ressources, Lauren a plus d’une corde à son arc. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle nous en dise davantage sur son parcours inspirant et ce, malgré les difficultés liées à son handicap qui l’incombent au quotidien.

Salut Lauren, dis nous en un peu plus sur toi. Comment visualises-tu ta vie étudiante à ce jour ?

Tout d’abord, il faut prendre en compte que je me suis réorientée en première année et ce pour plusieurs raisons.

A quelques mois du baccalauréat, nous devions choisir une orientation. A cette époque, j’étais plus gravement malade et handicapée que je ne le suis aujourd’hui à cause d’un accident datant de 2014. Cela a grandement influencé mes choix en plus de l’auto-censure fréquente chez les femmes, les noir•e•s et les banlieusard•e•s.
C’est donc un DUT Techniques de Commercialisation spécialité Commerce International que j’ai décidé de faire. Je ne le savais pas encore mais je faisais ce choix par « facilité », par sécurité, par peur de poursuivre mes rêves de carrière, mes passions. Et ce, malgré les recommandations de mes professeurs et mon proviseur.

Je n’ai pas détesté et ne déteste toujours pas cette filière, nombreux de ses aspects, dont celui de la communication et de l’international me plaisent toujours et conviennent toujours à ma personnalité. Cependant, mon amour pour les sciences politiques et plus largement, les sciences sociales me manquait. C’est donc à la suite d’une longue période malade sans pouvoir aller en cours que j’ai décidé de me réorienter en licence. J’hésitais encore entre le droit et la science politique. Pour rebondir, j’ai effectué un service civique à la mairie de ma ville, cela a permis de confirmer mon choix pour la politique.  

Je l’ai remarqué tardivement mais l’université est un mode d’enseignement qui me convient beaucoup plus, tant à ma personnalité qu’à ma santé ou même ma situation financière. Il est vrai que l’on a moins de cours (environ 20h contre 30h pour les DUT) et cela nous laisse le temps de travailler à côté, de développer des projets en parallèle ou de participer à la vie associative riche de l’université, par exemple. Je trouve ces activités enrichissantes sur le plan personnel car elles me permettent de satisfaire ma curiosité mais aussi sur le plan étudiant car grâces à elles, je mets la théorie en pratique, j’apprends en faisant et j’approfondis mes connaissances mais aussi sur le plan professionnel car cela me permet d’enrichir mon CV.
En ce qui concerne ma santé, mes absences affectent moins mes résultats qu’en DUT et je peux gérer mes heures de cours en fonction de ce que mon corps peut supporter en terme de transports, d’heures assises, etc.

Quels sont les points positifs que tu trouves à ton enseignement actuel ? Et les points d’optimisation ?

Les points positifs de l’université sont la relative liberté qu’elle permet et la possibilité de satisfaire sa curiosité mais aussi le faible coût des frais d’inscription.

Si l’on se concentre uniquement sur l’université, il y a énormément des choses à améliorer. Tout d’abord, l’accompagnement des personnes handicapées, notamment l’accompagnement à distance pour celles qui ne peuvent se déplacer ou alors occasionnellement.
Il faudrait aussi mieux nous informer sur nos droits, (re)mettre en place des dispositifs d’accompagnement personnalisés et ne pas les négliger dans la logistique globale de l’établissement. 
D’ailleurs, améliorer l’enseignement à distance pourrait être bénéfique aussi pour les étudiant.e.s qui travaillent, entrepreneur.e.s et professionnel.e.s y compris, ou les étudiant.e.s qui vivent très loin de leur université et sont affectés par les problèmes de transports. 

D’autre part, je trouve que l’accompagnement psychologique et financier devrait être renforcé. Les étudiant.e.s subissant des situations précaires, des difficultés financières, des dépressions ou encore de l’anxiété vis-à-vis de leurs études doivent être mieux repéré.e.s et accompagné.e.s afin de lutter contre le décrochage scolaire et améliorer la santé des étudiant.e.s. 

Tu es également Conseillère Régionale des Jeunes d’Ile de France (CRJ). Si tu nous en disais un peu plus ?

Le Conseil Régional des Jeunes d’Ile-de-France a deux principales missions.
Tout d’abord, il y a les saisines : il peut être saisi par la présidente de la région, le gouvernement ou d’autres entités extérieures pour émettre un avis sur des sujets concernant la jeunesse ou travailler en partenariat sur des projets.
D’autre part, il y a les auto-saisines. Organisés en diverses commissions (Europe, lutte contre les discriminations, transport, sport, éducation, santé…), nous pouvons être force de proposition pour des événements ou des campagnes de sensibilisation en lien avec nos commissions et permettant, selon nous, de tenter de résoudre diverses problématiques liées aux jeunes francilien•ne•s. Il arrive aussi que nous représentions la jeunesse francilienne dans d’autres régions ou à l’international.

Et tu as co-fondé l’association Cité des Chances

Brandy et moi avons réellement commencer à être engagés politiquement, à nous approprier les affaires publiques et faire entendre nos voix sur celles-ci qu’une fois dans l’enseignement supérieur. Nous avons, par exemple, commencé à nous engager dans diverses associations: AFEV, parlement des étudiants, CRJ, etc. Même si nous avons été politisé•e•s très différemment, notre curiosité, notre engagement et notre envie de faire bouger les choses nous a réunis… et a débouché sur la création de Cité des chances

Nous avions fait les mêmes constats. Celui que contrairement à d’autres, nous nous sommes intéressés à la politique et nous nous la sommes approprié tardivement mais aussi que là où nous avions grandi, nous faisions partis des seul•e•s à être engagé politiquement. De même, nous retrouvions que peu de personnes nous ressemblant parmi les élu•e•s politiques, par exemple. Une fois les constats faits, nous nous voulions passer à l’action et transmettre à d’autres ce que nous aurions aimé connaître bien plus tôt. C’est ainsi que nous avons réfléchi à des méthodes d’apprentissage différentes et commencé à les mettre en place pour, nous l’espérons, pallier à ces problèmes à notre échelle, à nos échelles.


Avec Brandy BOLOKO (co-président de l’association)

Bien complet tout ça… Que souhaites-tu apporter au monde étudiant au travers de tes / vos différentes actions ?

Je souhaite simplement apporter mes expériences, positives comme négatives, militer et sensibiliser pour améliorer le système, notamment en faveur des personnes handicapées et celles devant travailler à côté mais aussi permettre à d’autres de ne pas faire les « erreurs » que j’ai pu commettre.
Je continuerai alors de militer contre des réformes telles que celles du bac, parcoursup ou la hausse des frais d’inscription des étudiant•e•s extra-communautaires.

Quelles sont tes aspirations pour les 5 prochaines années ?

Devenir une journaliste engagée, visibiliser des thématiques peu ou pas assez abordées en France, du moins d’une manière correcte et déconstruire les préjugés, tout en gardant ma petite touche personnelle.
Développer notre association avec des antiennes actives dans toute l’Ile-de-France et pourquoi pas, dans d’autres quartiers populaires français et développer notre présence sur internet pour toucher toute la France.
Faire tout mon possible pour avoir un impact positif partout où j’irai.


A vrai dire, je me vois difficilement exercer qu’un seul métier ou avoir une seule fonction, j’aime être polyvalente donc j’aimerais beaucoup enseigner et être consultante pour des entreprises. D’ailleurs, c’est sûrement ce que je fais déjà depuis que je me suis lancée dans l’auto-entrepreneuriat… Seul l’avenir nous le dira !

Un grand MERCI à Lauren pour ses réponses. Un portrait inspirant que nous ne manquerons pas de surveiller de près.
Et si vous souhaitez en savoir sur son quotidien, vous pouvez l’entendre gazouiller frénétiquement sur Twitter !

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