Ecriture inclusive dans l’enseignement supérieur

Quand la langue de Molière devient celle de Yourcenar

Essayons de ne pas mourir bêtes ou stupides. On ne peut pas juger un concept sans l’avoir essayé. C’est donc en utilisant l’écriture inclusive que je vais traiter de ce sujet dans l’enseignement supérieur.

Pour « celleux » qui n’auraient aucun moyens de communication depuis les cinq dernières années, sachez que l’écriture inclusive ou encore langage épicène sont un ensemble de règles et de pratiques qui cherchent à éviter toute discrimination supposée par le langage ou l’écriture. Cela se fait à travers le choix des mots, la syntaxe, la grammaire ou la typographie. Vous l’avez compris, dans un monde qui lutte de plus en plus contre les inégalités, la langue française, dite très masculine, ne pouvait pas passer entre les mailles du filet.

La vraie question à se poser : “est-ce que ces changements dans la langue de Molière auront un effet positif sur l’égalité homme/femme ? Et surtout, jusqu’où peut-on aller ?”.

Beaucoup de maux sont attribués à notre belle langue à juste titre, par exemple on a remarqué que l’écriture inclusive confirme les liens entre langage et représentations spontanées. Selon Une étude réalisée par Harris Interactive pour l’agence Mots-Clés, une expression comme « les personnes présentant le journal télévisé », suscitent jusqu’à deux fois plus de représentations spontanées féminines que les formulations communes, comme « les présentateurs du journal télévisé ». Dans un second temps l’écriture inclusive semble pousser à une plus grande féminisation des candidatures. Reste à savoir si cela va résoudre l’absence féminine dans les domaines scientifiques.

À ce jour, sept établissements d’enseignement supérieur publics se sont engagés dans cette démarche, créant une certaine polémique, et faisant face à des habitudes tenaces de la part des acteurs de l’enseignement supérieur.

Comme tout nouveau concept, l’utilisation en est difficile, il faut une certaine habitude. En terme de nom de métier il est essentiel que chaque masculin et son pendant féminin, et vice et versa, pour permettre à chaque individu de pouvoir s’identifier. Est-il nécessaire de modifier toutes les règles d’accord ? Je ne pense pas. Est-il nécessaire de modifier notre manière de nous exprimer ? Je ne pense pas. Tant que cette méthode n’aura pas fait l’unanimité, cela contribuera à créer une plus grande facture entre la “vieille école” et “la nouvelle école”. Ça ne rendra pas le monde plus juste. Les effets du changement sont, pour ma part bien trop grands au vu des résultats.

D’autant plus qu’il n’y a pas de débat concernant son introduction. J’ai l’impression que du jour au lendemain certain.e.s ont décidé que l’écriture inclusive devait être la nouvelle norme, au même titre que certain.e.s personnes ont décidé de masculiniser la langue française à une certaine époque.

Changer pour changer au nom de l’égalité sans en mesurer les effets n’est pas productif. Il est vrai que certains aspects de la notre langage doivent être modifiés. Nous devrions écrire “Professeure” au même titre que “Professeur”, ou encore écrire “Auteure” au même titre que “Auteur”. Mais sans concertation le combat en sera plus dur.

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