Harcèlement dans l’enseignement supérieur

Qui vit par l’épée périra par l’épée

Confortablement installé dans le salon de ses parents, ses doigts suent la haine. Petit sourire en coin, il est content de sa saillie. Fièrement il va faire une capture d’écran pour l’envoyer à l’un de ses amis, qui lui même sera inspiré pour une prochaine boutade. Ce qu’il ne sait pas c’est qu’il vient sans doute de détruire quelqu’un qui mettra des années à se reconstruire.

A l’heure de la “LigueduLOL”, on se rend compte d’une face, pas si cachée que ça, des réseaux sociaux. Certains vous diront que c’était quelque chose d’évident, “ça existe dans la réalité pourquoi pas sur les réseaux”. Pendant longtemps on a minimisé “le troll”. Cette personne qui cherche à créer la polémique sur un forum de discussion ou sur les réseaux sociaux. Je vous laisse deviner ce que cela donne en meute… Plus le temps passe et plus les langues se délient, et on se rend compte que ça touche tous les domaines.
Bien sûr aujourd’hui on parle de harcèlement sur internet, mais ce dernier peut prendre plusieurs formes, il peut être verbal, mais aussi physique.

Pendant longtemps l’enseignement supérieur avait dû mal à sanctionner ces agressions, car on ne les comprenait pas, ou plutôt on ne voulait pas les comprendre, comme nous l’explique le Fondateur de Twitter, Jack Dorsey, dans une interview. Ce rejet a poussé, dans beaucoup de cas, les victimes dans le silence. A présent toute cette colère nous éclate au visage de manière violente nous poussant dans un autre extrême, celui de la sur dénonciation. Récemment, France Inter écrivait un article sur « L’ultim-hate », un groupe Facebook privé dans lequel certains étudiants de l’école de journalisme de Grenoble (Isère) se livraient à des plaisanteries souvent douteuses. Aussi horrible que cela peut être, doit-on considérer comme du harcèlement des personnes qui se moquent, dans un groupe non ouvert au public, surtout sans faire part de leurs remarques aux personnes concernées ? Non. Demain risque-je de me voir poursuivre pour harcèlement car à la terrasse d’un café, avec des amis, on se moque des passants ? Non. Ça fera de moi une personne abjecte, avec une morale questionnable, mais en rien un harceleur.

Le harcèlement c’est un enchaînement d’agissements hostiles répétés visant à affaiblir psychologiquement la personne qui en est la victime. La notion de répétition permet de faire la différence avec le comportement dit inapproprié, qui lui est orphelin.

Nous avons hérité d’une éducation qui nous a appris que certaines catégories de personnes avaient moins de valeurs que d’autres, nourris par des années de clichés, comme ce fameux  “Boy’s club” cité dans un article de Slate. Or nous avons les outils, à présent, pour combattre ces idées d’une autre époque. Pourtant à ma grande surprise les traditions ont la peau dure, ce qui est inacceptable. Depuis 2008 des cellules sont mises en place dans les établissements de l’enseignement supérieur pour lutter contre le harcèlement. Ces lieux sont installés à la discrétion des établissements, le problème étant qu’il faut mobiliser des personnes, les former, et surtout investir.
Or le soutien des institutions de l’enseignement est défaillant, ce qui provoque la crainte de voir les affaires étouffer en interne, et voir la victime en subir les conséquences. Car souvent les personnes sont jugées en interne, par des collègues ou des membres de la direction qui ne veulent pas faire face à une publicité négative.

Vous avez dû entendre, et c’est déjà sorti de ma bouche, “c’est une minorité, moi je n’ai jamais agi comme ça, ne me met pas dans le même sac”. Oui, nous “les bons gars” on agit pas comme ça et on trouve ces comportements insupportables, mais pour lutter contre ce fléau nous devons aussi faire entendre notre voix. Notre inactivité peut être vue comme une forme de complicité. Nous devons, donc, montrer qu’en effet ces gens sont une minorité. Les remarques répétées de certains enseignants, pour ne les citer qu’eux, sur le physique ne peuvent être tolérées, au delà de l’autorité ou la notoriété que la personne possède.

Un devoir d’éducation doit être fait, car peut importe les mesures mises en place si l’on ne change pas les mentalités, les punitions n’auront aucune portée sur le long terme, et disparaîtront laissant les victimes sans protection.

Un avis sur “Harcèlement dans l’enseignement supérieur

  1. Merci pour cet article. Oui, tout ceux qui en sont conscients doivent aider les victimes et dénoncer ce genre de comportement, que les personnes qui font ça sachent qu’elles ne pourront plus. Et le harcèlement professeur/élève existe malheureusement également très souvent.

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